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Lettre de nouvelles de l'automne 2015

Assistant à l'Arche, un défi qui en vaut la peine!

Les personnes qui s’engagent dans les foyers de l’Arche sont couramment appelées des assistants. C’est une terminologie utilisée à l’Arche pour désigner les intervenants. L’idée derrière cette dénomination est sans doute d’appeler chaque personne qui s’engage à arriver à l’Arche dans un esprit d’échange plutôt que dans un esprit de service ou dans une position dans laquelle on est le professionnel qui enseigne aux personnes accueillantes. Nos assistants viennent de différents horizons et font le choix de venir vivre une expérience humaine avec des personnes différentes que nous appelons les personnes accueillantes. Vous comprenez que je parle ici des personnes présentant une déficience intellectuelle.
En réalité dans la vie quotidienne de l’Arche, les assistants se trouvent assistés par les personnes accueillantes. Cette dynamique contribue ainsi à abolir les barrières de supériorité pour permettre une rencontre réelle qui se fait dans la mutualité. Cela pour dire que chacun compte sur l’autre et le reconnaît comme une personne à part entière qui a quelque chose à lui apporter,  quelles que soient ses limites.
La dimension de l’engagement des assistants est particulière dans la mesure où les assistants vivent sur place. Ils ne se choisissent pas et donnent beaucoup de leur temps dans le quotidien. Ils partagent plusieurs aspects de leur vie autant entre eux qu’avec les personnes accueillantes à l’Arche. C’est pour cela qu’il est erroné de dire que l’on travaille à l’Arche. S’engager à l’Arche c’est beaucoup plus que cela. C’est faire partie d’une famille avec tout ce que cela exige comme responsabilités. On vit dans un esprit de fraternité et de solidarité qui se construit au fil du temps. Bien entendu la vie n’est pas toujours rose compte tenu des ajustements qu’un tel mode de vie demande. Mais l’esprit de dépassement et la volonté de grandir dans ses limites contribuent à bien vivre cette expérience unique.
Très souvent on me demande quelles sont les conditions à remplir pour devenir assistant. Je réponds toujours que la motivation et le désir de vivre une expérience communautaire et humaine avec des personnes présentant une déficience intellectuelle restent un critère essentiel. Cela peut paraître mince comme prérequis. Cependant les personnes qui sont passées par la-vous dirons qu’aucun diplôme au monde ne nous prépare à vivre l’expérience de l’Arche. Plusieurs anciens à qui j’ai eu l’occasion de parler de leurs débuts ont tout comme moi failli abandonner dans les premiers mois. Mais dans l’histoire de la plupart, il y a en général l’influence d’une ou plusieurs personnes accueillantes qui nous pousse à continuer. Tel est la beauté de l’engagement à l’Arche. Les choses paraissent folles au début, mais prennent du sens au fur et à mesure que l’on chemine. L’expérience vaut donc la peine d’être vécue, car empreinte de toute une variété de richesse (Humaine, spirituelle, etc.)..
À l’heure où je vous écris, je me réjouis du retour dans notre communauté d’anciens assistants qui nous avaient quittés pour d’autres projets et nous reviennent pour un autre engagement en foyer. De tels retours sont porteurs de vie pour notre communauté.
Dans les sociétés actuelles, un tel type d’engagement n’est pas valorisé comme il se devrait. Pourtant les fruits de ce type d’engagement font des assistants, de meilleures personnes au service de la société.
J’aimerai par l’occasion, rendre hommage à ces personnes qui osent l’engagement à l’Arche en apportant le meilleur d’elles. Notre société a encore besoin de telles personnes, car les valeurs partagées à l’Arche sont essentielles pour la société. Je vous encourage à promouvoir cette dimension de l’engagement afin que notre mission puisse continuer à se vivre et le plus longtemps. C’est ainsi que nous contribuons à changer le monde.

Alain Ouedraogo

Place aux anciens... Un rêve qui nous a permis d'exister...

Nous vous proposons un témoignage de notre fondatrice basé sur les débuts de notre communauté qui est née à travers notre 1er foyer « L’Esquif », le 16 septembre 1977.

Le rêve que je fais pour l’Esquif c’est qu’il soit un vrai « chez nous » pour des hommes et des femmes mentalement handicapés; un foyer où la vie a ses racines dans le message de l’Évangile, où les personnes vivent avec d’autres et pour les autres.
Ces efforts pour créer un tel foyer sont étroitement rattachés au mot « équipe » avec tout ce qu’il implique. Nous avons découvert que le mot équipe provient de Esquif – et quelle signification cela comporte pour nous!  Accepter d’être petit est un véritable appel dans un monde où tout se doit d’être gros et grand, bien connu et produisant le plus gros produit possible. D’une façon réelle, c’est peut-être aussi notre pauvreté.
Ce sentiment de « petitesse » et de ne pas vouloir grandir trop vite nous accompagne depuis le début de notre voyage. C’est très important que l’Esquif ait ses racines dans la communauté qui la porte et que les gens découvrent le don qu’apporte la présence de la personne handicapée dans notre milieu. « Être enraciné » implique aussi une profonde force intérieure qui nous portera dans l’avenir. Qu’il est important de prendre le temps de grandir, de comprendre notre appel et de continuellement faire la découverte de la volonté de Dieu dans notre vie!
C’est dans cet esprit que je vois l’Esquif continuer à s’enraciner – pour prendre le temps qu’il faut pour bâtir cette équipe qui portera la personne handicapée de façon permanente, une équipe qui établira la fraternité au niveau du foyer et à l’extérieur aussi du foyer, une équipe qui s’efforcera de bâtir une communauté ouverte à recevoir son appel particulier à vivre les Béatitudes dans notre monde et prête à discerner les besoins internes de la communauté qui l’appelleront à évoluer et à grandir.
Est-ce que répondre aux besoins internes de la communauté nous appellera à ouvrir un autre foyer ou d’autres foyers – ou un atelier?  Le discernement sera une grande priorité alors que nous continuons notre cheminement.
Connaissant bien la croissance d’autres projets dans la ville de Montréal, je vois l’Esquif marcher, main dans la main, avec ces autres projets qui partagent eux aussi la vision de l’Arche et d’ainsi aider à former la famille de L’Arche ici. Plus important encore est le fait que nous aiderons ensemble la personne handicapée à prendre sa place dans notre société. C’est tout cela que signifie pour moi être frère et sœur.

Sœur Claudette Lamothe, février 1979

Et toi? Qu'en penses-tu? A L'Arche-Montréal depuis 1979

Nous vous proposons un témoignage de Marie-Paule, l’une des premières personnes accueillantes arrivée à L’Arche-Montréal, qui nous parle de son parcours.

Marie-Paule, comment as-tu découvert L’Arche-Montréal ?
Au début 1978, mon frère m’a invitée au foyer de l’Esquif, un foyer de l’Arche, pour un repas. Il n’y avait alors qu’un foyer. J’ai été accueillie par Sr Claudette, Margareth et Pierre ainsi que Marc, tous les quatre assistants et Robert K, Brian et Diane, tous trois vivants avec une déficience intellectuelle. Le foyer était bilingue.

Comment t’es-tu senti ?
Ils m’ont accueilli comme j’étais, sans différence. Tout le monde était pareil. Sur le plan personnel, j’ai trouvé cela plus difficile car j’étais la dernière de mes cinq frères et sœurs à quitter le nid familial. Il parait que c’est plus dur quand c’est le dernier qui part ! Le plus dur, c’est de quitter la maison et de vivre avec d’autres personnes, d’apprendre à les connaitre, de faire des activités tous ensemble et d’avoir des rencontres communautaires. C’est différent que de vivre chez ses parents.

Comment s’est déroulée ton arrivée à L’Arche-Montréal ?
J’ai été invitée pour un souper, puis une fin de semaine, pour enfin rester un mois au foyer. Finalement, j’ai pris le temps nécessaire avant de prendre une décision en y allant un weekend de temps en temps. Je n’ai pas dit « oui » tout de suite. C’est seulement le 12 décembre 1978 que j’ai prononcé mon « oui » pour vivre définitivement à l’Arche. Je suis arrivée à l’Arche à 22 ans.

Lorsque tu es arrivée à L’Arche, Marie-Paule, travaillais-tu ?
J’ai étudié dans une école « normale » jusqu’à 18 ans. Et après, je suis restée à la maison avec mes parents, sans travail. Je ne côtoyais pas de personnes vivant avec une déficience intellectuelle et n’avait pas conscience de ma différence jusqu’à mon arrivée à L’Arche. Lors de mon arrivée au foyer de l’Esquif, je suis allée dans un atelier protégé. J’étais perdue. Je ne connaissais personne. Finalement, j’ai appris à connaitre les personnes de mon groupe de travail et j’ai encore aujourd’hui un ami de cette époque.

Participes-tu à la vie de ton foyer, de la communauté ?
C’était déjà planifié dans la communauté, chacun a une responsabilité. Que ce soit mettre la table, faire la vaisselle, faire les repas, sortir les vidanges, tout le monde doit participer. La vie communautaire est importante, tout le monde participe aux Soirées communautaires, au Souper-partage appelé maintenant Café-rencontre. Les premiers temps, je n’aimais pas participer. Quand on ne se sent pas chez soi, on participe moins. Mais un coup rendu chez soi, là on participe plus ! Les Soupers-partage m’ont permis de rencontrer beaucoup de nouvelles personnes. Le fait de vivre dans un foyer de L’Arche m’a fait acquérir une plus grande autonomie. De plus, le fait que d’autres ont une déficience qui les rend moins autonome, me permet d’aider plus les assistants dans le quotidien.

Que trouves-tu difficile à L’Arche ?
J’ai beaucoup de difficulté avec les départs des assistants. Des liens se créent avec les assistants. C’est ça la communauté, il y a des départs et ce n’est pas facile. Si j’avais pu choisir, je les aurais presque tous garder et nous serions très nombreux aujourd’hui dans la communauté ! C’est plus facile les arrivées, l’accueil est plus facile pour moi. Chacun arrive avec des choses à apporter, j’aime ça !

Comment tes parents ont vécu ta venue à L’Arche ?
Je n’y ai jamais réfléchi. Ils m’ont plutôt encouragé je dirais. Ce n’est pas venu de moi de venir vivre à L’Arche. C’est eux et mon frère qui m’ont invitée à connaitre L’Arche. Ce n’était pas mon choix au début. Lors de mon intégration à L’Arche, alors que je n’arrivais pas à prendre une décision, ma mère m’a dit « Retourne s’y et tu verras… ».

Quel lien as-tu avec ta famille ?
C’est très important pour moi le lien familial. Comme d’être présente lors des rencontres familiales, de garder un lien téléphonique et d’avoir des visites à l’extérieur du foyer avec ma famille. Lors des weekends de fermeture, une fois par mois, je couchais dans ma famille.

Marie-Paule Villeneuve

Départs et Arrivées à L'Arche-Montréal

L’Arche est un lieu de passage plus ou moins long selon les gens mais toujours aussi enrichissant. Vivre en communauté permet de découvrir la différence, de changer son regard grâce au vécu du quotidien qui nous apprend c’est certain à bâtir l’unité et vivre la solidarité.
Quelques assistants nous ont quittés pour poursuivre d’autres projets. Un grand merci à Emma Bourdoulous, François Martin et Cynthia Berhault pour leur soutien et leur présence dans la communauté. En juillet, Enock Dor qui était venu par le biais des Mennonites est reparti en Haïti. Une année riche en amitié.
À la fin mai, Sylvie Mugenzi, responsable du développement, nous a quitté pour relever de nouveaux défis.
L’Abbé Pierre Bergeron, notre ministre Pastoral, a dû prendre un nouvel engagement dans sa paroisse et ne pourra donc plus avoir autant de temps pour L’Arche-Montréal. Il restera toutefois proche de la communauté. Nous le remercions pour sa grande fidélité.
Fin août, Anthony Gey qui s’occupait des ressources humaines nous a quitté après deux ans dans la communauté. Nous le remercions de sa grande disponibilité et lui souhaitons une bonne continuation dans ses projets futurs.
Par ailleurs, nous avons eu la joie d’accueillir Douglas Duran, Morgan Holman, Jeannette Gaussaint et Marie Delaisse comme assistants dans nos foyers. Et c’est avec plaisir que les personnes accueillantes ont retrouvé Milad Awad et Damien Chauveau, deux anciens assistants qui ont choisi de revenir dans la communauté en foyer. Bienvenue à chacun et bonne découverte de L’Arche-Montréal!

L'Arche-Montréal, c'est...

Comme les couleurs d’un arc-en-ciel qui ont besoin de la pluie et du soleil pour se former.
Chaque membre a besoin de découvrir son don et d’y être fidèle.
C’est en mettant nos dons au service des uns et des autres que nous construisons la communauté.

Des nouvelles de Jean Vanier - Quelle surprise que de recevoir le prix Templeton!

Veuillez prendre connaissance d’un extrait du discours du fondateur des communautés de l’Arche à l’occasion de la remise du prix Templeton. Ce prix honore une personne vivante ayant apporté une contribution exceptionnelle à l’affirmation de la dimension spirituelle de la vie. Jean Vanier se joint à un groupe de 44 anciens récipiendaires, parmi lesquels figurent Mère Teresa, Alexandre Soljenitsyne et le Dalaï Lama.

Cette reconnaissance sur le plan international, de L'Arche et Foi et Lumière dont je ne suis que le représentant, n'est-elle pas étonnante?
Ce prix nous tire vers le haut alors que nous avons consacré nos vies à ceux et celles qui sont au plus bas. C'est en allant vers le bas que l'on rejoint le haut, le haut caché dans les cieux des personnes les plus pauvres et les plus humiliées. Il y a seulement quelques siècles, et même moins, les personnes nées avec un handicap étaient considérées comme une honte et une punition de Dieu. Rappelez-vous la question des disciples adressée à Jésus au sujet d'un homme né aveugle : "Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle?". Jésus répond que ni lui ni ses parents n'ont péché mais c'est afin que l'œuvre de Dieu s'accomplisse. Cette réponse nous fait découvrir que ceux qui sont au plus bas, si on prend le temps d'entrer en relation avec eux, nous humanisent, nous guérissent de nos ego démesurés et nous conduisent vers le ciel de Dieu.
J'espère que cette reconnaissance internationale conduira de nombreuses personnes à découvrir le message de L'Arche et de Foi et Lumière. Un message si simple! Si on entre dans une relation amicale, une vraie relation, faite d'écoute, de tendresse et de présence, avec des personnes fragilisées par une déficience, alors on découvre le cœur du mystère humain. Nous sommes tous faits pour aimer, pour nous donner, pour vivre une véritable fraternité universelle : chaque personne est mon frère ou ma sœur. Aimer c'est reconnaître la valeur de chacun. Pour devenir plus humain, il s'agit de rencontrer le faible, le rencontrer vraiment, face à face, cœur à cœur, d'aller vers celui ou celle qui se sent seul, abandonné et humilié. Le cri qui jaillit de ces personnes, éveille le cœur des soi-disant forts. Une transformation survient quand on découvre ce que veut dire être humain.

Jean Vanier, La lettre de Jean, Pâques 2015

L'Agenda des rencontres

Cette année encore nous sommes heureux de vous proposer quelques évènements pour vous joindre à nous où vous pourrez «Oser la rencontre»!

Nos « Café-rencontre » auront lieu de 18h30 à 20h30, à savoir :
Lundi 28 septembre 2015;
Lundi 26 octobre 2015
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Les Arches au Québec soutiennent financièrement L’Arche Haïti. Vous pouvez leur faire un don lors de ces soirées.

Jeudi 26 novembre 2015—Soirée bénéfice pour L’Arche-Montréal.

Dimanche 13 décembre 2015—Café de Noël, dès 14h—C’est devenu une coutume à L’Arche-Montréal de se rassembler autour d’un « Café de Noël ». Venez célébrer avec nous cette fête si attendue! Un don pour L’Arche Haïti serait apprécié!

 

 

 

 

 

 



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